Focus sur un thème (2020)


Les résistances culturelles dans les sociétés esclavagistes


Pour ce focus de la 5ème édition du concours La Flamme de l’égalité, nous mettons à l’honneur quatre projets d’élèves qui se sont intéressés à la question des résistances culturelles dans les sociétés esclavagistes. Les résistances des esclaves ne recouvraient en effet pas seulement une résistance physique par la rébellion ou encore le marronnage, mais elles se sont aussi manifestées par le biais de la culture et de l’art, faisant de ces inventions et de ces luttes des héritages de l’histoire de l’esclavage encore aujourd’hui.

En Guadeloupe : coiffes, tambour ka et mayolè

Les élèves de 4ème du collège de Gourdeliane de Baie-Mahault (académie de Guadeloupe) se sont intéressés aux résistances culturelles des esclaves en Guadeloupe. L’émission Devenir libre présente trois reportages : un premier sur les tenues traditionnelles des esclaves, notamment les coiffes des femmes, grâce au témoignage de Jacqueline Cachemire Thôle de l’école de danses et de musiques traditionnelles Akademiduka ; un second sur le tambour ka, où les élèves ont pu suivre sa fabrication dans un atelier ; et le dernier sur le mayolè, une danse de combat qu’ils ont apprise avec l’association Les mayoleurs du Moule. Les différentes rencontres, témoignages et visites tout au long du projet ont permis aux élèves de mieux appréhender ce que recouvrent les différents types de résistances culturelles de l’esclavage.

À Haïti : la bamboula

Les élèves de 2nde du Lycée Jean Dautet de La Rochelle (académie de Poitiers) ont réalisé le diaporama Devenir libre par la résistance culturelle en s’appuyant sur le tableau La bamboula de Louis-Honoré Gamain (1836) suite à leur visite du Musée du Nouveau Monde à La Rochelle. Ce tableau révèle la capacité des esclaves à s'affirmer dans l'espace pourtant contraint de la plantation, grâce à la bamboula, cette cérémonie ayant lieu la nuit dans un environnement boisé, où des personnages vêtus de blanc dansent à la lueur d'un grand feu. Les élèves ont ensuite fait le parallèle avec d’autres danses de la culture afro-américaine, inspirées de la bamboula.

À La Réunion : le maloya

La chorégraphie imaginée par les élèves de 4ème du collège Sainte-Ursule de Riedisheim (académie de Strasbourg) s’inspire du voyage de l’une d’entre elles à La Réunion à l’occasion duquel elle a assisté à la Fèt Kaf, lors de la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage du 20 décembre sur l’île. Le maloya est une musique, un chant et une danse de l’île de La Réunion. Le mot maloya viendrait du malgache maloy aho, signifiant « parler, dégoiser, dire ce que l'on a à dire » et traduisant un chant de complainte chanté par les esclaves.

Les héritages des sociétés post-esclavagistes

Des élèves de 4ème du collège Jules Verne de Carcassonne (académie de Montpellier) ont mené une réflexion sur les héritages culturels des sociétés post-esclavagistes aujourd’hui. La nouvelle Regards sur les héritages culturels dans la société post-esclavagiste en Martinique met en scène une jeune Martiniquaise, appelée Océane, qui s'installe pour la première fois en France hexagonale. Son départ et son intégration dans son nouveau collège à Carcassonne va confronter Océane à des préjugés formulés par ses camarades, qui ne connaissent pas la culture martiniquaise. L’héroïne finira par faire découvrir et transmettre aux autres élèves l'héritage culturel d'une société post-esclavagiste en Martinique.

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