Retour

Musique

WORK SONGS

Les work songs (chants de travail) apparaissent entre le XVIIème et le XIXème siècle. Ces chants étaient interprétés par les travailleurs pendant leur labeur, comme la culture du coton ou de la canne à sucre, et avaient pour but de se donner du courage.

Les rythmes créés aidaient les esclaves à synchroniser leurs mouvements dans un travail d'équipe, par exemple scier, écraser les grains dans un mortier ou encore marcher au pas. Les work songs pouvaient être soit un chant spécifique à une action, qu’ils dynamisaient et régulaient, soit un chant puisé dans le répertoire local et personnalisé avec un rythme adapté à leur tâche. Bien que réappropriés, ces chants étaient à l’origine hérités de la tradition orale et n’avaient donc pas de forme fixe. La plupart de ces chansons étaient chantées par des esclaves qui s’inspiraient des musiques traditionnelles de leurs pays, comme une manière de ne jamais oublier complètement d’où ils venaient. Elles pouvaient être également un moyen pour les esclaves de communiquer entre eux discrètement sans que le maître comprenne ou se doute de quelque chose. C’est d’ailleurs pour cela que les work songs ont été considérées comme étant une forme de rébellion, car les esclaves exprimaient ouvertement leur frustration et leur rage, se moquaient de leur maître et complotaient contre lui ostensiblement. Ces chants permettaient de transmettre des messages codés aux autres travailleurs, ou bien, de faire passer des informations sur leurs expériences de vie notamment aux nouveaux arrivants. On comprend donc qu’ils se soient vite imposés comme un moyen d’entraide et de solidarité.

Le principe des work songs était de chanter a cappella en utilisant un système de « questions – réponses » : quand l’un des travailleurs posait une question, le groupe au complet répondait ensuite d’une seule et même voix. Par ailleurs, ce principe musical a directement inspiré le gospel. Il faut savoir également que la rythmique provenait initialement des tambours, mais les maîtres les ont très vite interdits de peur qu’il s’agisse d’un moyen de communication entre les esclaves. C’est pourquoi les travailleurs avaient dû se montrer créatifs. Il a donc fallu improviser le rytme grâce aux outils qu’ils avaient à leur disposition et aux soupirs d’effort notamment. Les esclaves parvenaient alors à produire une réelle impulsion et à accompagner leur chant comme s’ils possédaient de vrais instruments.

Tout au long de la journée, les divers chants allégeaient un peu la monotonie et la difficulté du travail et chassaient aussi l'ennui que chacun pouvait ressentir isolément.

Quelques exemples de work song :

Iron Head

Iron Head – « Black Betty »

James Baker, également connu sous le nom d’Iron Head, est considéré comme le premier interprète de « Black Betty », un chant de travail afro-américain. Cependant, il n’en n’est pas réellement le créateur, car les premiers enregistrements datant de 1933 ne sont pas de lui. Certaines sources prétendent qu'il s'agit de l'une des nombreuses adaptations d'un folklore antérieur, une marche de cadence du XVIIIème siècle. Ce chant a fait l'objet de nombreuses reprises en tout genre.

Harry Belafonte – « The Banana Boat Song (Day-O) »

Harry Belafonte – « The Banana Boat Song (Day-O) »

La version d’Harry Belafonte de « The Banana Boat Song », chanson traditionnelle du folklore jamaïcain, est la plus connue. Bien qu’influencé par le mento ou le calypso (qui sont des styles de musique jamaïcaines), cette chanson reste un très bon exemple de work song, car elle raconte l’histoire de dockers chargeant de nuit des cargaisons de bananes dans les bateaux. On retrouve un principe essentiel des work song avec le système de questions-réponses qui est omniprésent ici.

Lead Belly – « Pick a Bale of Cotton » 

Lead Belly – « Pick a Bale of Cotton » 

« Pick a Bale of Cotton » est un chant typique des travailleurs dans les champs de coton. Cette musique, héritée du folklore traditionnel américain et des negro-spirituals, est clairement considérée comme un chant de travail, probablement l’un des plus connu. Il est construit à l’aide d’outils en guise d’instruments, ce qui donne un rythme vraiment saccadé, qui aidait parfaitement les esclaves à ce synchroniser durant leur travail.

© 2015 Ligue de l'enseignement - Fédération de Paris | Mentions légales